eCommerce

eCommerce 2018 une année de ruptures

La société Fox Intelligence mesure l’activité des entreprises e-commerce en prenant appui sur des confirmations de commandes réelles recueillies auprès de 2,5 millions de consommateurs en Europe (dont 1,2 million en France), agrégées et anonymisées. Son bilan de l'année 2018 fait ressortir cinq faits marquants.

1. Gilets jaunes : pas d’effet d’aubaine pour l'e-commerce

"Contrairement à ce que certains auraient pu croire, le mouvement des gilets jaunes et le blocage des centres villes et zones commerciales depuis le 17 novembre n’ont pas particulièrement bénéficié à l'e-commerce. En effet, le mois de décembre a été relativement moins bon qu’en 2017", explique le cabinet. Alors qu'en 2017, décembre avait apporté 14% des ventes en ligne de l'année, en 2018 il ne pesait plus que 11%.

2. Amazon : un leader en perte de vitesse ?

Amazon reste leader de l'e-commerce français : entre 2017 et 2018 il est même passé de 49% à 50% de part de marché, dans le panel de Foxintelligence. "Cette domination a culminé en juillet au moment du Prime Day : Amazon a alors atteint 64% de parts de marché sur les 36 heures de l'événement", ajoute la société. Toutefois, la progression d'Amazon a ralenti par rapport aux années précédentes. Et surtout, à la fin de l'année, il aurait reculé pour la première fois : d’abord pendant le Black Friday, puis sur le reste de la période de Noël. Sa part de marché, qui était de 51% au dernier trimestre 2017, est descendue à 45% au dernier trimestre 2018 selon Foxintelligence, qui explique ce phénomène par une baisse de la fidélité de ses consommateurs.

3. Wish : numéro 2 de l'e-commerce français

En 2018, cette application mobile californienne de produits chinois direct-usine aurait atteint le deuxième rang des e-commerçants en France selon le critère du nombre d'articles vendus. Alors que moins de 3% des consommateurs français avaient acheté sur Wish en 2017, ils étaient passé à plus de 15% en 2018. Certes il s'agit pour beaucoup de petits produits et de petits paniers. En chiffre d’affaires, la plateforme reste donc très en-dessous des autres grands acteurs de l'e-commerce hexagonal. Fowintelligence avance un prix moyen des articles sur Wish inférieur à 5 euros, contre 34 euros en moyenne dans l'e-commerce français.

4. La pression promotionnelle s’intensifie fortement

En 2018, le poids de la promotion dans l'e-commerce s'est renforcé. Elle a en effet pesé 3,5% du chiffre d’affaires du secteur, contre 2,8% en 2017 et 2,3% en 2016. Car si le taux de promotion s'est affaibli (18% de rabais en moyenne lorsqu’une commande fait l’objet d’une promotion), la fréquence s'est en revanche accrue (20% des commandes ont fait l'objet d’une promotion en 2018, contre moins de 15% en 2017). "Un effet collatéral de cette promotion quasi permanente est la fragilisation continue de la position des acteurs de la vente privée qui perdent une partie de leur avantage concurrentiel : sur les quatre acteurs de la vente privée dans notre échantillon, trois perdent des parts de marché en 2018", analyse Foxintelligence.

5. Le bricolage, le jardinage et l’animalerie, étoiles montantes de l'e-commerce

Les grands univers de l'e-commerce demeurent l’électronique grand public, les articles pour la maison et la mode (respectivement 20%, 16% et 14% du total des ventes en ligne). Mais de nouvelles catégories s'envolent sur le web, comme le bricolage, le jardinage et l’animalerie : les trois catégories en plus forte croissance dans les dépenses en ligne du panel de Foxintelligence.

“De nouveaux modèles, événements et catégories viennent remplacer les leviers de croissance historiques. Cela ouvre le champ à un rebattage des cartes, au bénéfice des acteurs qui sauront le mieux s’adapter à ces nouvelles conditions de marché”, conclut Florian Cleyet-Merle, directeur des opérations de Foxintelligence.

La part de marché d'Amazon dans l'e-commerce français est passée de 49% en 2017 à 50% en 2018, mais a décru au dernier trimestre, selon Foxintelligence.

Méthodologie : L’échantillon utilisé pour cette analyse comprend 1,2 million de consommateurs français et 18 marchands principaux, sur une période de 3 ans, du 1 janvier 2016 au 31 décembre 2018.

 

 

source : https://www.lsa-conso.fr/la-part-de-marche-d-amazon-fr-a-decru-au-t4-2018-selon-foxintelligence,308941