Nathalie Kosciusko-Morizet à contre-courant sur Internet ?
Fil Actualité - Dossier France Numérique 2012

Ecrans - 02.03.09. Nathalie Kosciusko-Morizet souhaiterait-elle se démarquer de la conception d’Internet qui semble en vogue au sein de la majorité présidentielle ? C’est ce qui ressort d’une interview accordée par la secrétaire d’état en charge de l’économie numérique à la Tribune. Dans cet entretien, publié aujourd’hui, NKM revient sur son voyage en Corée et au Japon, parle environnement et technologie, mais aussi du discours public sur Internet. « Je souhaite tirer les usages et dans le même temps rééquilibrer le discours public et médiatique sur l’Internet. Tout le monde est à la fois utilisateur et schizophrène. Le discours public porte uniquement sur les risques, les pédophiles, etc. », regrette la secrétaire.

Une déclaration qui tranche avec les qualificatifs — « zone de non-droit », « jungle sauvage », ou un nid de « trafiquants d’armes, psychopathes, violeurs, racistes et voleurs » — utilisés par ses amis politiques, à commencer par le président de la République. « Ce discours est décalé par rapport au vécu de chacun, poursuit-t-elle Je souhaite parler de confiance plus que de méfiance à l’égard de l’internet. » Dès le lendemain de sa nomination, la secrétaire d’état défendait le projet de loi Création et Internet, qu’elle estime aller « dans le sens de la fermeté et surtout de plus de lisibilité ». Depuis, en off, la position semble moins tranchée. « Malgré un évident devoir de réserve, la Ministre n’a pas l’air d’être une fervente adepte des solutions préconisés par la loi », rapporte nos confrères de Read Write Web, suite à un dîner avec la secrétaire d’état.

 

La Tribune - 02.03.09. "Nous travaillons à un volet numérique du plan de relance".

De retour d'un voyage en Corée et au Japon, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée du Développement de l'économie numérique, fait le point sur les grands dossiers de son secrétariat (télévision mobile personnelle, plan France numérique...) face à la crise économique.La Tribune : Quel enseignement tirez-vous de votre voyage en Corée et au Japon ? Nathalie Kosciusko-Morizet : C'était très intéressant. Le but était de voir les nouvelles tendances en termes de technologies et d'usages, là où ces pays ont souvent de l'avance, et d'identifier les sujets émergents. Je me suis penchée sur la télévision mobile, les puces RFID, l'industrie du jeu vidéo et la robotique. L'idée était aussi de voir comment cette industrie souffre de la crise, et comment elle peut aider une économie à rebondir. Dans les années 1990, la Corée est sortie de la crise par le numérique.

J'ai constaté que ces pays sont très orientés technologies, mais ils pensent plus en termes de performance que d'usages. On nous présente des objets façon couteau suisse à 72 lames, mais sans savoir à quoi ils servent. Les usages ne sont pas dans leurs priorités. Par exemple, on m'a présenté une cravate avec une puce RFID, c'est sans intérêt. Mais il existe aussi des parcours urbains en puces RFID pour guider les cannes blanches ou des applications pour la gestion des bacs dans le Rungis local et le suivi de la chaîne du froid. Cette approche orientée technologies porte des limites, qu'ils commencent à exprimer surtout en Corée. Au Japon, ils se sont longtemps appuyés sur un marché intérieur fort, ce qui ne les a pas toujours mis dans la meilleure position pour des questions de standard sur les marchés mondiaux. En Corée, le patron de Samsung réalise que la valeur ajoutée est en train de migrer des équipements, du « hardware », vers les usages et les services, et qu'il va devoir lui aussi évoluer vers cela, citant en exemple Nokia avec son portail de services Ovi. Les équipements, les produits électroniques sont en voie de se banaliser, et sa marge d'être rabotée.

Dans quel domaine avez-vous constaté que ces pays ont de l'avance ?

Au Japon, le paiement sans contact est très développé. Mais un peu par défaut : les banques ne sont pas parvenues à se mettre d'accord sur un protocole unique de carte bleue. Les cartes de paiement sans contact qui sont développées par la société de chemin de fer ou l'épicerie 7/11 ne sont pas transférables en France, elles n'apportent rien de plus que notre carte bleue. En revanche, l'expérience du paiement avec le téléphone mobile me semble intéressante. Au Japon, la convergence passe par le téléphone mobile. Le paiement avec le téléphone portable, j'y crois, il y a une vraie valeur ajoutée, on peut imaginer une fusion avec le porte-monnaie électronique Moneo, la migration vers un outil unique.

Qu'avez-vous retenu sur la télévision mobile personnelle ?

Je suis partie avec des fiches de l'administration affirmant que le Japon et la Corée étaient le paradis de la télévision mobile personnelle (TMP). C'est vrai, c'est un immense succès populaire, surtout en Corée. Au Japon la consommation est moins massive en l'absence de continuité de service dans le métro. Mais ce n'est pas du tout un succès industriel. Personne ne gagne d'argent avec la TMP. En Corée, c'est un succès avec 15 millions de terminaux en circulation, l'Etat en ayant donné gratuitement, mais cela n'a pas rapporté beaucoup de publicité en plus et l'opérateur SK ne fait pas son beurre : son équilibre se situait à 2,5 millions d'abonnés mais son service par satellite plafonne à 1,7 million, notamment parce qu'il est concurrencé par une offre gratuite par voie terrestre. Deux problèmes se posent : celui du modèle économique et celui de savoir s'il faut des contenus ad hoc. Tout le monde est confronté à ces deux problèmes sur la TMP : on a multiplié les tuyaux, les canaux de diffusion, mais pas les contenus. Est-ce que cela a du sens de regarder sur son téléphone la même télévision qu'à la maison ? Veut-on voir quelque chose de vraiment différent ? Les Coréens ne sont pas satisfaits de la situation et sont curieux de voir ce que nous, les Français, nous allons inventer comme modèle économique de la TMP. Plusieurs chaînes de télévision coréennes viennent même d'annoncer qu'elles allaient se retirer de la TMP.

Quelles conclusions en tirez-vous pour le projet de TMP en France, qui semble enlisé ?

Je ne reviens pas avec un modèle tout fait. Il y a une vraie demande, mais un modèle reste à construire. C'est plutôt stimulant. Finalement, en matière de numérique, la vraie innovation se situe dans le modèle économique plus que dans la technologie. Nous avons nommé un chargé de mission, Cyril Viguier, pour relancer le projet. Ce n'est pas un médiateur : il n'y a pas de conflit, il n'y a pas de discussion, le projet est au point mort. Par le passé, les idées étaient très arrêtées sur le modèle économique, je crois que les choses se sont décantées. Il aura un rôle de facilitateur, il aura le temps d'écouter tout le monde et de voir comment les positions ont évolué d'ici au 30 avril. Nous ferons alors des propositions pour lancer le mouvement et construire ensemble un projet sur une chaîne de valeur.

Faut-il remettre à plat le projet, notamment l'attribution des licences aux éditeurs, aux chaînes, qui est une exception française ?

Voire celui du choix de la norme DVB-H ?

Cette mission est ouverte, on ne s'interdit pas de piste. Mais sur la norme, la France a fait le choix du DVB-H et nous n'allons pas tout remettre à plat. L'objectif n'est pas de tout déconstruire, les choses avaient bien avancé. Quant à la question de savoir si les chaînes doivent produire des contenus ad hoc, elle peut être réglée dans un second temps. L'expérience coréenne n'a pas permis de trancher. Le gouvernement coréen a poussé les chaînes à investir dans des contenus ad hoc mais ces derniers ont subi la concurrence des contenus classiques, car les téléspectateurs aiment voir des émissions regardées par tous, pour en parler au bureau. Je n'ai pas de conviction arrêtée là-dessus.

Le contexte de crise ne compromet-il pas ce projet en France ?

Le contexte économique n'est pas forcément adapté à un lancement immédiat à grande échelle. Mais, on peut imaginer un lancement sur un petit pied d'abord, pour tester une chaîne de valeur. Il faut aussi voir qu'il y aura des créations d'emploi et de compétitivité derrière ce projet. Certains disent que la TMP, ce sont des terminaux fabriqués par Samsung en Corée, mais la valeur se situe du côté des services.

A ce sujet, ne trouvez-vous pas que le numérique est le grand absent du plan de relance ?

J'ai justement vu mardi Patrick Devedjian, le ministre de la Relance, nous travaillons ensemble à ce que pourrait être un volet numérique du plan de relance. Dans ce plan, les trois quarts des investissements portent sur 2009 et le solde sur 2010, rien au-delà. Ce ne sont pas des investissements qui s'étaleraient sur le moyen, long terme, mais plutôt l'accélération de projets qui étaient déjà prêts. En Corée, le problème est identique : le plan de relance ne porte que sur les infrastructures, et pas sur le numérique car c'est à 90% de l'export. Leur relance dans les années 1990 s'était fondée sur le dynamisme du marché chinois. Il est trop tôt pour dire quels investissements pourraient être faits dans le cadre du plan de relance. Ce cadre n'accueille pas facilement le numérique.

Contrairement à d'autres secteurs, le numérique est un domaine où l'initiative privée ne manque pas. Le rôle premier des pouvoirs publics est de créer les conditions favorables à l'investissement privé. De ce point de vue, il y a sans doute quelque chose à faire dans le triangle réseaux-innovation-contenus. Il faut tirer les investissements de l'industrie numérique par les usages et les contenus. Il faut faciliter la création du réseau. Je viens par exemple d'écrire à la Caisse des Dépôts pour qu'elle accélère une des mesures du plan France numérique 2012, la mise en place d'un nouvel outil permettant aux collectivités territoriales d'investir de façon minoritaire dans les syndicats d'économie mixte, notamment dans les projets de très haut débit, la fibre optique. Mais cet outil sera utilisé s'il y a de la demande derrière. Les réseaux ne sont rentables que s'il y a des usages. Je suis convaincue que c'est là que la valeur se situe dans les dix prochaines années, car les réseaux vont devenir une commodité.

Comment l'Etat peut-il stimuler les usages ?

Par exemple par le télétravail. Il existe une proposition de loi très intéressante sur le sujet au bureau de l'Assemblée nationale. C'est un beau projet qui combine les dimensions environnement, travail et numérique. Il faut aussi développer l'e-administration notamment au travers de l'authentification sur internet, avec un outil comme la carte d'identité électronique. Je veux que nous sortions très vite, d'ici quelques mois, cette carte d'identité qui permettra une signature électronique. Elle peut servir à faire des recommandés sur internet par exemple. Nous pourrions aller beaucoup plus loin en termes d'e-administration et de commerce électronique.

Je souhaite tirer les usages et dans le même temps rééquilibrer le discours public et médiatique sur l'internet. Tout le monde est à la fois utilisateur et schizophrène. Le discours public porte uniquement sur les risques, les pédophiles, etc. Ce discours est décalé par rapport au vécu de chacun. Je souhaite parler de confiance plus que de méfiance à l'égard de l'internet, ce qui peut passer par quelques beaux projets comme celui du télétravail. Lorsque l'on parle plan de relance, on pense haut débit, très haut débit, fibre optique. Mais je ne suis pas seulement le Ministre du réseau, du débit, du nombre de mégabits qui arrivent chez vous, mais aussi de l'usage que vous voulez en faire. Mon titre est ambigu : derrière le développement de l'économie numérique, il y a aussi la société numérique. Je m'intéresse autant à la société numérique qu'à l'économie numérique.

Que pensez vous pouvoir faire pour renforcer l'industrie française du logiciel qui manque, à quelques exceptions près, de champions nationaux ?

Cela fait partie des réflexions sur un éventuel volet numérique du plan de relance. J'ai ainsi reçu la semaine dernière le patron de l'Association française des éditeurs de logiciels pour en parler. Ils ont de bonnes propositions mais certaines ne sont pas nécessairement compatibles avec les réalités économiques actuelles du pays. Je leur ai demandé de retravailler des choses.

Le plan France numérique prévoit la possibilité de découpler la vente de l'ordinateur et celle du système d'exploitation. Où en êtes vous sur ce projet ?

C'est en cours, Nous y travaillons avec Luc Chatel. L'intention est forte de faire aboutir cette question. Le plan France numérique est pour partie déjà appliqué. Il le sera dans son intégralité et prolongé sur certains aspects.

Il était question de créer une délégation nationale du numérique. Aurez vous une administration dédiée ?

Oui, c'est arbitré, mais cela prend du temps, quelques mois. Comme il s'agit de transférer plusieurs morceaux de différentes administrations, il faut réunir les syndicats, les représentants du personnel. Nous avons lancé un projet de réunion interministérielle pour avoir un calendrier précis mais, sans attendre, j'ai déjà récupéré dans mes décrets d'attribution une cotutelle sur la Délégation aux usages de l'Internet qui travaille sur mes sujets pour l'essentiel.

Les technologies de l'information sont-elles compatibles avec les problématiques environnementales ?

Je suis convaincue de la convergence entre les technologies propres et le numérique. Les américains en font même un credo dans leurs universités. C'est au frottement entre les « green tech » et le numérique que vont émerger les technologies de rupture et de demain. J'en suis convaincue, notamment dans les outils de gestion intelligente de l'énergie. Par exemple, avec le véhicule électrique, pour éviter l'intensification des pics de charge sur vos centrales et du coup avoir recours à des centrales à gaz quand tout le monde rentre chez soi à 19 heures, il faut que quand vous garez votre véhicule le soir il ne se recharge pas tout de suite. Il faut pour cela un réseau intelligent utilisant les technologies de l'information pour lisser la demande. C'est vrai aussi pour tous les autres flux de matière. Le grand enjeu de l'environnement dans les sociétés les plus modernes, les plus contemporaines, c'est de garder le niveau de confort tout en réduisant drastiquement les flux de matière et d'énergie. Il y a évidemment une question de sobriété de la consommation. Mais les technologies peuvent apporter une autre partie de la réponse.

La crise économique menace-t-elle la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement ?

Le plan de relance est d'une certaine façon une chance pour le Grenelle. Ce dernier a été élaboré à l'automne 2007, ce qui nous a laissé un an pour préparer tous les projets avant que la crise éclate. De nombreux dossiers entrent donc dans le cadre du plan de relance par l'investissement, comme le canal Seine-Nord-Europe, décidé par le Grenelle, et financé par le plan de relance. C'est une vraie bataille en temps de crise que de conserver les investissements là où ils sont importants, mais le dîner que j'ai eu la semaine dernière au Japon avec Carlos Ghosn, le patron de Renault, m'a donné espoir. Avec la crise, le constructeur réduit ses investissements sur plusieurs projets mais maintien ses efforts sur les véhicules électriques et les technologies RFID qui permettent notamment le positionnement spatial des voitures et l'optimisation des parcours.

Dans les années 80, quand vous aviez une crise, le premier réflexe était de couper les dépenses en matière d'environnement, considérées comme le petit luxe que vous pouviez vous offrir s'il vous restait de l'argent en fin de mois. Là, non seulement, on ne coupe pas, mais on résiste. C'est le signe d'une révolution culturelle. Dans le milieu écologique, nous ne sommes pas loin de penser qu'il y a une opportunité, parce que la crise remet en cause les sociétés humaines. Cela se voit aussi dans l'alimentaire. Le bio et le commerce équitable se maintiennent bien alors que nous sommes plutôt dans une période de « hard discount ».

Qu'espérez vous de la prochaine table ronde sur les antennes de téléphonie mobile ?

Nous sommes dans une situation paradoxale qui ne satisfait personne. Tout le monde est préoccupé. Même s'il n'y pas de base scientifique, les riverains sont néanmoins inquiets. De l'autre côté, les opérateurs rappellent que l'Etat impose des obligations en matière de couverture du territoire, avec un risque de sanctions financières, ce qui passe par l'installation d'antennes. J'observe que sur ce sujet là, il n'y a jamais eu de discussions collectives. L'inquiétude actuelle fait que tout le monde a intérêt à trouver une réponse. Il y a plusieurs pistes de travail possibles : amélioration de l'information des utilisateurs et des citoyens, comparaison internationale notamment sur les normes d'émission, investissement pour une recherche scientifique mieux reconnue, mutualisation des antennes. En revanche, , une approche de précaution se justifie pour les téléphones mobiles eux mêmes. C'est pourquoi, j'ai fait inscrire dans le Grenelle II des réserves sur l'utilisation des téléphones par les enfants, en interdisant la publicité avec des jeunes de moins de douze ans et la possibilité d'interdire le téléphone portable pour les moins de six ans.

 

Commentaires

avatar Kaleigh
0
 
 
And I was just wnodernig about that too!
samedi 14 janvier 2012, 01:00
Poster une réponse
Nom *
Email pour contrôle & Réponse)
Adresse URL
Code   
ChronoComments by Joomla Professional Solutions
Soumettre le Commentaire
Annuler
avatar ctaghcgxyn
0
 
 
BrTiwY zviwnrreghto
samedi 14 janvier 2012, 10:02
Poster une réponse
Nom *
Email pour contrôle & Réponse)
Adresse URL
Code   
ChronoComments by Joomla Professional Solutions
Soumettre le Commentaire
Annuler
avatar tqzwqo
0
 
 
UOmla4 , [url=http://qlzuhllhedrj.com/]qlzuhllhedrj[/url], [link=http://uzzsrhezivph.com/]uzzsrhezivph[/link], http://lbtaojonyusj.com/
dimanche 15 janvier 2012, 11:33
Poster une réponse
Nom *
Email pour contrôle & Réponse)
Adresse URL
Code   
ChronoComments by Joomla Professional Solutions
Soumettre le Commentaire
Annuler
avatar xNekozumix
0
 
 
apothecure and colchicine and rqm 2737 amerimedrx nexium yasmin qzjya
vendredi 27 janvier 2012, 05:20
Poster une réponse
Nom *
Email pour contrôle & Réponse)
Adresse URL
Code   
ChronoComments by Joomla Professional Solutions
Soumettre le Commentaire
Annuler
avatar xxmelrulesxx
0
 
 
colchicine kig on line sale of colchicine ayroz generic propecia 4308
jeudi 02 février 2012, 10:47
Poster une réponse
Nom *
Email pour contrôle & Réponse)
Adresse URL
Code   
ChronoComments by Joomla Professional Solutions
Soumettre le Commentaire
Annuler
I really appreciate sharing this great post. Keep up your work. I want to thank you for this informative read.
vendredi 27 janvier 2012, 06:54
Poster une réponse
Nom *
Email pour contrôle & Réponse)
Adresse URL
Code   
ChronoComments by Joomla Professional Solutions
Soumettre le Commentaire
Annuler
Nom *
Email pour contrôle & Réponse
Adresse URL
Code   
ENVOYER
EN COURS
FINI
ECHEC