Nicolas Sarkozy au chevet des états généraux de la presse
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Le Point - 23.01.09. Dans son discours sur la presse écrite, Nicolas Sarkozy a suivi la plupart des recommandations du Livre vert des états généraux de la presse. Il reprend à son compte deux mesures d'urgence : l'État décrète un moratoire d'un an sur l'application des nouveaux tarifs postaux sur le transport de presse ; et pour apporter une bouffée d'oxygène à ce secteur en souffrance, le chef de l'État a décidé de multiplier par deux les dépenses de communication du gouvernement dans les titres de presse.

Le reste des mesures annoncées sont d'ordre structurel :

1. Tourner les diffuseurs vers la vente

Afin de revaloriser le métier de vendeur de presse, Nicolas Sarkozy annonce une exonération de 30 % des cotisations sociales pour tous les diffuseurs dont la presse est le métier principal. Ceci représente, en moyenne, 4.000 euros par an et par diffuseur. Il s'agit d'une mesure temporaire d'un an en attendant que le métier de diffuseur soit revalorisé par la profession. Dans le même esprit, pour doubler la taille du réseau de ventes, Nicolas Sarkozy incite la presse quotidienne régionale à ouvrir ses points de vente aux quotidiens nationaux. Le chef de l'État est favorable à ouvrir les présentoirs à la presse gratuite. Comme le suggérait le Livre vert des états généraux, il accepte l'idée de ne pas modifier la loi Bichet sur la distribution de la presse et fera le bilan des améliorations du système dans 6 mois. Si rien n'a avancé, alors, une modification législative sera envisagée.

2. Moderniser les imprimeries

Le chef de l'État laisse le soin à la profession de moderniser les imprimeries de manière à réduire de 30 à 40 % les coûts d'impression. Une personnalité nommée par l'État sera chargée de mener une concertation afin d'établir un nouveau "contrat social" pour les ouvriers du livre. Nicolas Sarkozy suggère également une mutualisation des imprimeries pour une meilleure répartition sur le territoire.

3. Un "plan massif" pour développer le portage

Le portage des journaux au domicile des particuliers va être favorisé par une suppression des charges patronales sur l'emploi de tout porteur au niveau du Smic. Nicolas Sarkozy y voit l'occasion de créer un bassin d'emplois pour les personnes en voie de réinsertion, les étudiants et les retraités. L'aide directe au portage sera accrue, passant de 8 à 70 millions d'euros dès le mois prochain.

4. Ouvrir le métier de journaliste à la diversité

Le Livre vert suggérait de diversifier l'origine sociale des journalistes afin de mieux refléter la réalité du pays. Nicolas Sarkozy annonce la création de bourses d'études pour les étudiants en journalisme d'origine modeste. Il insiste également sur l'aide que l'État apportera dans la formation des journalistes aux nouveaux moyens numériques. Une conférence nationale des métiers du journalisme pourrait être rapidement mise sur pied en relation avec la Direction générale de l'enseignement supérieur.

5. Pas de changement des seuils anticoncentrations

Contrairement à ses premières déclarations, Nicolas Sarkozy n'a pas l'intention de changer les seuils anticoncentrations. Là encore, les conclusions du Livre vert l'ont convaincu que le problème de la presse n'est pas sa concentration, mais plutôt sa sous-capitalisation. Il décide donc d'étendre le dispositif de la loi Sapin à l'ensemble du hors-médias. Pour attirer les capitaux étrangers, il envisage de lever le seuil de 20 %, qui limite les investisseurs étrangers non communautaires dans les médias.

6. Sur le contenu des journaux

"L'État ne doit pas être en première ligne sur ce sujet", a déclaré Nicolas Sarkozy, qui a cependant insisté sur la nécessité pour les éditeurs de se poser la question de l'offre. Il a souligné la crise de confiance entre les journaux et le lectorat. Après avoir "hésité", il reprend à son compte l'idée du Livre vert d'offrir à tous les jeunes de 18 ans un abonnement gratuit à l'un des quotidiens de leur choix. Le prix du journal serait à la charge de l'éditeur, le transport du titre à la charge de l'État. "Je me suis laissé convaincre par la réussite de l'expérience là où elle a été menée", a-t-il conclu à ce propos. Sur le même thème, la lecture de la presse dans les établissements scolaires sera expérimentée.

7. Sur la déontologie

Nicolas Sarkozy reprend à son compte l'idée que la profession agrège à la convention collective un code de déontologie commun. Celui-ci serait rédigé par "un comité des sages" en s'inspirant des textes déjà existants. Il réfute, en revanche, la reconnaissance légale des sociétés de journalisme afin de ne pas faire fuir les investisseurs qui n'auraient, alors, que "le droit de perdre de l'argent". Il comprend que dans ce domaine délicat, "il y a un équilibre honnête à trouver" et qu'il n'est "pas acceptable" qu'un éditeur "ne respecte pas la responsabilité des journalistes".

 

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