| SmartPhone : La bataille des mobiles intelligents fait rage |
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Le Figaro - 29.05.09. Nokia modernise Ovi. Apple lance la semaine prochaine une nouvelle version du système d'exploitation de son iPhone. Tous les constructeurs se ruent sur les smartphones, le seul marché en forte croissance. Apple va pousser son avantage le 8 juin et corriger les petits défauts de son populaire iPhone, à l'aide d'un nouveau système d'exploitation pour son appareil vedette. En moins de deux ans, la firme à la pomme a transformé le marché des mobiles. Car le groupe de Steve Jobs a démodé le portable utilisé juste pour appeler son correspondant et envoyer des SMS. L'heure maintenant est aux «smartphones». Il s'agit de téléphones mobiles dits intelligents qui permettent d'accéder à une large gamme d'applications : se connecter à Internet, échanger des courriers électroniques, télécharger de la musique, se localiser grâce à une fonction GPS, enregistrer et regarder ses vidéos et des films… «Un smartphone est un téléphone mobile qui dispose d'un système d'exploitation qui permet à des éditeurs tiers de proposer des applications concrètes», explique Carolina Milanesi, analyste du cabinet d'études Gartner. Selon cette définition, il existe six familles de «smartphones». Les téléphones mobiles équipés du système d'exploitation Symbian, une filiale du finlandais Nokia. La famille des BlackBerry du groupe canadien Research in Motion (RIM). Les populaires appareils iPhone d'Apple. Ceux qui sont équipés de Windows Mobile de Microsoft. Les téléphones mobiles conçus avec une version d'un logiciel Linux, comme ceux équipés du système d'exploitation gratuit Android de Google. Enfin, une gloire déchue des agendas électroniques, l'américain Palm, tente un retour avec une version améliorée de son système d'exploitation pour son dernier appareil Palm Pre, lancé le 6 juin aux États-Unis. Chaque fabricant de mobiles se définit par rapport à ces systèmes d'exploitation, à condition de pouvoir disposer d'une licence. Apple garde jalousement son système d'exploitation sans le céder aux autres groupes. Mais toutes les grandes marques cherchent à conquérir une part de ce marché. Il faut dire que les ventes mondiales de téléphones mobiles devraient reculer de 10 % en 2009 par rapport à l'an dernier. Mais celles des smartphones pourraient continuer à croître, au rythme de 15 % à 25 %, selon les experts. Déjà, au premier trimestre, d'après le cabinet d'études Gartner, les ventes de mobiles ont reculé de 9,4 % tandis que celles de «smartphones» ont augmenté de 12,7 %, à 36,4 millions d'unités. Percer ou disparaître De plus, ces appareils aux fonctions évoluées aident les industriels à limiter la baisse du chiffre d'affaires moyen par téléphone mobile. «En moyenne, les smartphones vont représenter 15 % du marché mondial des téléphones mobiles, en nombre d'unités, cette année mais près de 30 % du marché en valeur», assure Neil Mawston, directeur du cabinet Strategy Analytics. Leurs ventes devraient atteindre entre 170 et 180 millions d'unités dans le monde en 2009. Le système d'exploitation Symbian proposé par Nokia domine ce marché. Un smartphone sur deux dans le monde est équipé de ce logiciel. Mais Symbian est en perte de vitesse à cause de la percée de RIM et d'Apple, grâce à son App Store, qui a suscité plus d'un milliard de téléchargements. Après le succès de ce concurrent, Nokia vient de moderniser son portail concurrent Ovi qui « sera adapté pour la France à l'automne », précise François Bornibus, le patron du groupe finlandais en France. De son côté, le taïwanais HTC a défriché dès la fin 2002 le marché des smartphones en coopération avec Microsoft. Steve Ballmer, le directeur général de Microsoft, se félicitait en février que «son logiciel ait été adopté par 50 fabricants de mobiles et 160 opérateurs». Mais le logiciel Windows Mobile tarde à percer, malgré 20 millions d'appareils livrés dans le monde en 2008. De ce fait, HTC a opté, le premier, pour la plate-forme Android de Google, avec son smartphone Dream, lancé fin 2008 aux États-Unis, puis son récent Magic. Les fabricants qui ont raté le décollage des «smartphones» mettent le turbo. Samsung, numéro deux mondial des mobiles, qui a misé gros avec son portable Player Addict, élargit son portefeuille de produits. À tel point que, « fin 2010, Samsung pourrait se hisser au troisième rang des fabricants de smartphones », pronostique Neil Mawston. De son côté, LG a prévu de lancer 50 appareils avec Microsoft. Les industriels doivent réussir, sinon ils risquent de disparaître. Car «en Europe de l'Ouest, les ventes de smartphones pourraient représenter 70 % du marché total des téléphones mobiles en 2012, contre 18 % en 2008», pronostique Carolina Milanesi. Smartphones : des milliers de petits services à télécharger Les fabricants de smartphones étoffent leur boutique de services, pour attirer les clients et gonfler leurs revenus. La guerre entre fabricants de mobiles n'éclipse pas celle que se livrent Apple, l'inventeur de l'iPhone, Nokia, le leader mondial des mobiles, et Google, le poids lourd d'Internet. Ces géants se battent à coups d'applications inventées par les développeurs du monde entier. Tous ont compris que les services pratiques et les divertissements enthousiasmaient les utilisateurs de mobiles. 35 000 minilogiciels disponibles pour les iPhones Apple a été le premier à ouvrir sa boutique en ligne, App Store, qui compte aujourd'hui plus de 35 000 minilogiciels téléchargeables sur les iPhones. Leurs possesseurs y ont découvert toutes sortes de gadgets pour s'informer, s'amuser et… consommer. App Store est ainsi devenu en moins d'un an une foire aux idées les plus saugrenues : votre iPhone se transforme en lampe de poche, en console de jeux ou en guide touristique. Il s'improvise aussi antimoustique non chimique, avertisseur de radars ou navigateur sur le réseau de la RATP. Les applications peuvent être gratuites ou payantes, à des tarifs variant de 79 centimes à près de 5 euros pièce. Apple a enregistré un milliard de téléchargements d'applications gratuites et payantes. Et une fois encore, la firme à la pomme a créé un modèle économique : le développeur qui propose une application payante sur App Store perçoit 70 % des ventes et Apple les 30 % restants. Ce schéma est repris par Google sur Android Market, sa plate-forme en ligne utilisée par les tout récents possesseurs de Google Phones commercialisés en France par Orange, SFR et en juillet prochain par Bouygues Telecom. Android Market ne compte pour l'heure que 3 200 applications dans les rayons virtuels de sa bibliothèque ouverte aux États-Unis en octobre et en mars en France. Google estime qu'en moyenne chaque possesseur d'un mobile fonctionnant sous Android télécharge une quarantaine d'applications. 44,3 milliards d'euros Parmi les trouvailles d'Android, Shop Savvy, une application (américaine) qui permet de payer ses courses au juste prix : avec l'appareil photo du mobile, vous scannez le code-barres d'un produit et vous recherchez sur le Web des prix inférieurs. Imeen, une radio en ligne, Absolute Fitness, un programme de contrôle de votre poids, Myspace Mobile pour rester connecté avec votre communauté, Wikitude, un guide de voyage qui grâce à la fonction appareil photo de votre mobile permet de fournir des informations pratiques sur le lieu où vous vous trouvez… Face à cette déferlante, Nokia, le vieux champion, n'a pas voulu paraître à la traîne. Il a annoncé cette semaine le déploiement d'Ovi Store, sa boutique en ligne, progressivement enrichie d'ici à la fin de l'année… Il était temps. Le marché de ces «petits gadgets inutiles» devrait atteindre 44,3 milliards d'euros d'ici à la fin de l'année. |






























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